No 27 – Automne 2020

COVID-19

COMMENT LES CLINIQUES ONT-ELLES FAIT FACE ?

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CELLULE SANITAIRE VAUDOISE DE CRISE

« LES ÉTABLISSEMENTS HOSPITALIERS SONT PRÊTS À REMONTER EN PUISSANCE EN CAS DE BESOIN »

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CELLULE SANITAIRE VAUDOISE DE CRISE

TÉMOIGNAGES DE DEUX INFIRMIERS AU CŒUR DE LA CRISE

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MALADIES OSSEUSES

« LE BUT DE LA PRISE EN CHARGE EST DE RÉDUIRE LE RISQUE DE FRACTURE »

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LA CLINIQUE CECIL OPTIMISE SES ACTIVITÉS DE CARDIOLOGIE INTERVENTIONNELLE

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RÉALITÉ VIRTUELLE

LA DOULEUR ET L’ANXIÉTÉ EN LIGNE DE MIRE

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NOUVELLE COMPÉTENCE

LA CHIRURGIE PÉDIATRIQUE À LA CLINIQUE BOIS-CERF

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LE SERVICE MÉNAGE DE LA CLINIQUE BOIS-CERF

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NEWS

LES ACTUALITÉS DES CLINIQUES BOIS-CERF ET CECIL

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FOCUS

TÉMOIGNAGES DE DEUX INFIRMIERS AU CŒUR DE LA CRISE

 

(interviews réalisées en juillet 2020)

Antoine Savary, 35 ans,

infirmier en soins intensifs à la Clinique Cecil

 

« En phase aiguë de la crise sanitaire, nous avions une capacité de douze lits de soins intensifs pour l’accueil des patients Covid. Et pour continuer à accueillir les cas urgents en chirurgie cardiovasculaire, nous avions transféré les soins intensifs « classiques » dans le service des soins continus. Six lits y étaient disponibles pour la chirurgie élective urgente et les patients nécessitant une surveillance intensive.

 

Les équipes ont travaillé en tournus auprès des patients atteints du SARS-CoV-2 afin d’assurer en permanence la présence nécessaire. Les conditions de travail étaient difficiles dans cette unité. Les patients présentant une détresse respiratoire aiguë ont eu besoin de nombreux soins spécialisés et d’une surveillance constante. Ce contexte nous a permis de mettre en valeur le rôle d’infirmier certifié en soins intensifs lors de prises en charge complexes, ponctuées de soins comme le décubitus ventral, les scanners ou encore les bronchoscopies.

 

L’expérience a été très enrichissante et nous a tous rapprochés. Nous nous sommes fait encore plus confiance que d’habitude ; la communication avec nos collègues en charge des dossiers et de la logistique était essentielle. Nous avions également à cœur que les patients gardent le contact avec leurs familles, notamment grâce à des appels vidéo. Nous avons bénéficié d’une collaboration très intéressante avec l’HPCi (le programme vaudois d’hygiène, prévention et contrôle de l’infection, ndlr.) sur toutes les questions de précautions sanitaires. Idem avec les médecins, qui ont fait preuve de beaucoup de pédagogie et de calme envers les équipes. Nous nous sommes réellement sentis accompagnés et n’avons jamais manqué de matériel. Vivre une telle crise nous a permis de progresser et de réajuster notre pratique. »

Michel Barbosa, 23 ans,

infirmier à la Clinique Bois-Cerf

 

« La Clinique Bois-Cerf a été sollicitée pour accueillir les patients Covid stables (ne nécessitant pas ou plus de soins intensifs, ndlr.) ; 45 lits ont été mis à disposition pour des séjours d’une à trois semaines en moyenne, un service dans lequel un circuit avait été mis en place afin de respecter toutes les précautions en matière d’hygiène, notamment l’habillage. Nous y passions douze heures par jour, avec un tournus de deux équipes.

 

La routine était très différente, puisque l’étage accueille normalement des patients après une intervention de chirurgie orthopédique. À quelques exceptions près, les malades étaient très âgés et nécessitaient une surveillance beaucoup plus rapprochée que ceux dont nous nous occupons d’habitude. Le travail se faisait toujours en binôme, ce qui était rassurant pour le jeune infirmier que je suis.

 

Le dernier patient est sorti à la fin du mois de mai. J’étais sur les rotules. J’ai beaucoup pris sur moi afin de gérer le stress ; avec l’adrénaline, on tient le coup, c’est après que l’on se rend compte de l’impact physique et psychologique d’une telle situation. Mais j’ai énormément appris et j’ai trouvé, à l’occasion de cette crise, les conditions idéales pour exercer mon rôle d’infirmier, en particulier dans la relation avec les médecins. Les échanges avec eux ont été très formateurs.

 

Finalement, la période la plus difficile pour moi a été celle juste avant la mobilisation de l’étage pour les patients Covid, quand j’ai réalisé tout ce que ça allait impliquer. Une fois dans le feu de l’action, l’équipe contrebalance les difficultés avec l’humour et la bonne humeur. C’était nouveau pour tout le monde et nous nous en sommes bien sortis ensemble. »