fr SENIORS : SE PROTÉGER CONTRE LES CHUTES

No 28 – Hiver 2021

CLINIQUE BOIS-CERF

UNE NOUVELLE FILIÈRE DÉDIÉE AUX URGENCES ORTHOPÉDIQUES

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URGENCES ORTHOPÉDIQUES

TROIS QUESTIONS AU DOCTEUR FRANCK DEVOS

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VISITE GUIDÉE

COMMENT SE DÉROULE VOTRE PRISE EN CHARGE ?

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PRÉVENTION

SENIORS : SE PROTÉGER CONTRE LES CHUTES

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COMMENT ÇA MARCHE ?

QUAND ÇA FAIT CRAC…

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MÉDECINE DU SPORT

CONSEILS POUR SE PRÉPARER AUX PLAISIRS DE LA GLISSE

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PROF. DR. MED. THOMAS SAUTER, MME

« L’INTRODUCTION DE LA TÉLÉMÉDECINE DOIT S’ACCOMPAGNER DE RECHERCHES UNIVERSITAIRES »

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MÉTIER

UNE JOURNÉE AVEC PIERRE BOULOT

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PRÉVENTION

PRÉVENTION

 

SENIORS : SE PROTÉGER CONTRE LES CHUTES

PARCE QU’ELLES AUGMENTENT LE RISQUE DE PERTE D’AUTONOMIE, LES CHUTES, MÊME BANALES, NE SONT JAMAIS ANODINES CHEZ LES PERSONNES ÂGÉES. EXPLICATIONS ET CONSEILS AVEC LE DOCTEUR FAYSSAL KADRI, SPÉCIALISTE EN MÉDECINE PHYSIQUE ET RÉADAPTATION.

Chaque année en Suisse, 88’000 personnes de plus de 65 ans font une chute nécessitant une consultation médicale ou une hospitalisation. « Les chutes sont un problème très fréquent chez les personnes âgées », confirme le Dr Kadri. « Autour de 65 ans, on commence à avoir des problèmes physiques liés au vieillissement naturel, comme le manque de force et d’équilibre. Et ce, particulièrement lorsqu’on ne bouge pas assez régulièrement. » D’autres facteurs liés à l’âge, comme les problèmes visuels ou d’audition, accroissent encore le risque de chute. Et si les hommes et les femmes sont concernés à égalité, le risque de fracture est plus important chez les secondes, en raison de l’ostéoporose.

« LES CHUTES, MÊME BANALES, PEUVENT ÊTRE TRÈS TRAUMATISANTES. »

DR FAYSSAL KADRI

Les conséquences d’une chute vont des simples contusions jusqu’à des séquelles orthopédiques majeures. « Mais le plus problématique dans ces chutes, même banales, c’est ce qu’elles peuvent provoquer sur le plan psychologique », explique le spécialiste. « Certaines personnes manquent en effet de force pour se relever seules et passent parfois de longues heures par terre avant d’être secourues. » Cette expérience très traumatisante engendre souvent un risque important de syndrome post-chute : la peur incite la personne âgée à bouger encore moins et un cercle vicieux s’installe. « Il faut être très attentif à cela ; en réadaptation, on considère qu’à partir de deux chutes, le patient présente un grand risque de développer un tel syndrome. »

 

II FAUT EN PARLER !

En cas d’appréhension, le Dr Kadri conseille de ne surtout pas hésiter à en parler avec ses proches ou avec son médecin. Celui-ci doit également être très attentif lors des consultations de routine, afin de détecter tout problème de chute chez les patients. « De nombreux moyens sont à disposition pour faire des évaluations », ajoute le spécialiste. « Au-delà des problèmes d’équilibre, on doit détecter d’éventuels troubles de la vue ou de l’audition, ou encore de nutrition. » La plupart de ses patients âgés lui sont adressés par leur médecin de famille ou par leur orthopédiste, suite à une chute. Le Dr Kadri propose alors une prise en charge globale de la problématique dans une démarche de prévention des récidives, en collaboration avec des professionnels du domaine paramédical (physiothérapeutes et ergothérapeutes) et du domaine social (centres médico-sociaux et assistantes sociales).

« On ne doit pas hésiter à prescrire des séances de physiothérapie ou des séances en groupe avec un préparateur physique afin d’améliorer le tonus musculaire, l’équilibre, la souplesse, la proprioception, et de redonner confiance », précise-t-il. À noter aussi : le développement de nombreux programmes de réadaptation ambulatoires spécifiquement étudiés pour les seniors. Et si l’autonomie de la personne est trop altérée, il est également possible d’envisager une prise en charge stationnaire de trois ou quatre semaines dans un centre de réadaptation.

Il est par ailleurs souvent nécessaire de mettre en place des moyens auxiliaires à la maison, en collaboration avec des ergothérapeutes. « Très bien formés, ces professionnels inspectent le logement dans les moindres détails pour l’adapter », relève le Dr Kadri (lire aussi l’encadré ci-dessous). « Le but est de maintenir les personnes âgées le plus longtemps possible autonomes à leur domicile, sans danger pour elles. » 

 

ÉLODIE MAÎTRE-ARNAUD

QUELQUES CONSEILS SIMPLES

 

1. CONSERVER UNE ACTIVITÉ PHYSIQUE

  • Rester actif permet de conserver son autonomie : faire ses courses, se promener régulièrement, etc.
  • À la maison, faire le plus de choses possible soi-même, en fonction de ses capacités physiques : cuisiner, faire un peu de ménage ou de jardinage, etc.
  • Pratiquer si possible des sports doux à faible impact, comme le yoga, le tai-chi ou la marche nordique.

 

2. ADAPTER SON ENVIRONNEMENT

  • Éliminer tout ce qui constitue un risque de chute : tapis, seuils de portes, meubles instables, fils apparents, sols glissants, etc.
  • Installer une rampe d’escalier, des poignées dans la salle de bains, un rehausseur de toilette et tout ce qui peut aider à se tenir ou se relever.
  • Soigner l’éclairage de son habitation, car une luminosité insuffisante augmente les risques de trébucher.

 

3. GARDER UNE BONNE HYGIÈNE DE VIE

  • Soigner son alimentation : les problèmes de dénutrition sont fréquents chez les personnes âgées et contribuent à leur affaiblissement général.
  • Boire régulièrement 1 à 2 litres d’eau par jour afin d’éviter les vertiges et les troubles visuels pouvant mener à des pertes d’équilibre.
  • Limiter sa consommation d’alcool pour préserver les facultés sensorielles et motrices ; limiter aussi la consommation de médicaments psychotropes (et demander conseil à son médecin traitant avant toute auto-médication !).

 

4. PRIVILÉGIER LE CONFORT

  • Choisir des chaussures stables et éviter notamment les chaussures et les pantoufles molles et/ou ouvertes.
  • Préférer des vêtements souples afin de ne pas être entravé dans ses mouvements.
  • Utiliser une canne ou des bâtons de marche pour se redresser et maintenir l’équilibre.
  • 88’000 personnes de plus de 65 ans par an font une chute nécessitant une consultation médicale ou une hospitalisation
  • 1600 seniors meurent chaque année des suites d’une chute
  • 50% des plus de 60 ans font au moins une fois par semaine des exercices destinés à prévenir les chutes
  • 32% des plus de 60 ans ne se sont pas entraînés depuis au moins trois ans

 

Source : BPA