fr LES SPÉCIALISTES DU MÉDICAMENT

No 29 – Eté 2021

FOCUS

LES SPÉCIALISTES DU MÉDICAMENT

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COMMENT ÇA MARCHE ?

LES VACCINS À ARN MESSAGER

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ORL

ANOSMIE: QUAND L’ODORAT S’EN VA

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INTERVIEW

«LES ANOMALIES DE L’HÉMOGLOBINE SONT PARMI LES MALADIES GÉNÉTIQUES LES PLUS COURANTES»

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COMMUNICATION

BRISER LES TABOUS DE LA GROSSESSE

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LA PAROLE AUX EXPERTS

«L’ANTI-VACCINISME EXISTE DEPUIS LES PREMIERS VACCINS»

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TÉMOIGNAGE

«UNE SALLE D’OPÉRATION, C’EST UN PEU COMME LE COCKPIT D’UN AVION»

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NEWS

LES ACTUALITÉS DES CLINIQUES BOIS-CERF ET CECIL

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FOCUS

LES SPÉCIALISTES DU MÉDICAMENT

VÉRITABLE PLAQUE TOURNANTE DES ÉTABLISSEMENTS, LA PHARMACIE HOSPITALIÈRE DE HIRSLANDEN, CLINIQUES BOIS-CERF ET CECIL RASSEMBLE HUIT PERSONNES, SOUS LA RESPONSABILITÉ DE MARGAUX JUMEAU ET SARAH WELLNITZ. ELLES NOUS EXPLIQUENT LEUR MÉTIER.

«Nous sommes les spécialistes du médicament.» Margaux Jumeau, pharmacienne responsable du campus Hirslanden Lausanne et pharmacienne à la Clinique Cecil, et Sarah Wellnitz, pharmacienne à la Clinique Bois-Cerf, résument ainsi leur fonction. Mais si la base de leur métier est le médicament, leur quotidien est bien différent de celui des pharmaciens et pharmaciennes d’officine. Spécialisées dans le circuit et la sécurisation du médicament en milieu hospitalier, elles travaillent en étroite collaboration avec les médecins, les infirmières et infirmiers et les autres soignants. Certains médicaments sont en outre spécifiques aux soins en milieu hospitalier ou en cliniques, notamment à Hirslanden cliniques Bois-Cerf et Cecil, avec le service de soins intensifs, la chirurgie cardiovasculaire et l’oncologie. Chacune d’entre elles a vocation à travailler sur les deux sites du campus lausannois. «Il est important d’être à l’aise face à toutes les pathologies et de garder notre polyvalence, plutôt que de nous surspécialiser dans un domaine», expliquent-elles.

 

CONSEIL EN MATIÈRE DE PRESCRIPTION

Une partie de l’activité des deux jeunes femmes est ce que l’on appelle la pharmacie clinique – pour laquelle elles ont suivi une formation postgrade –, en collaboration étroite avec le personnel médico-soignant. Margaux Jumeau et Sarah Wellnitz ont un rôle de conseil sur les prescriptions, en appui des médecins: quel traitement donner, à quel moment et pour quel patient, en fonction de sa pathologie, de son état et d’éventuelles interactions médicamenteuses, etc. «Le patient lui-même détient souvent des informations précieuses», ajoutent-elles. «Et il est important de le garder au centre de son traitement.» Elles participeront ainsi bientôt aux visites des patients, aux côtés des médecins et des infirmières et infirmiers.

LE STOCK DE LA PHARMACIE CENTRALE DE LA CLINIQUE CECIL COMPORTE 650 RÉFÉRENCES, SANS COMPTER PLUS DE 500 RÉFÉRENCES DISPONIBLES UNIQUEMENT AU BLOC OPÉRATOIRE OU DANS LES ÉTAGES.

Les deux jeunes femmes dirigent aussi une équipe d’assistantes en pharmacie. «La distribution des médicaments dans les cliniques est globale», expliquent-elles. Rien que sur le site de la Clinique Cecil, le stock de la pharmacie centrale comporte 650 références. Sans compter plus de 500 références disponibles uniquement au bloc opératoire ou dans les étages. Ce sont les assistantes qui distribuent les boîtes dans chaque service, en fonction des besoins et des prescriptions. Les infirmières et les infirmiers prennent le relais et rangent les différents médicaments dans les pharmacies des unités de soins. Sur ordre médical, ce sont eux également qui, la nuit, préparent les piluliers pour les patients, selon le planning d’administration et les éventuelles mises à jour du médecin. «Avec un double contrôle de toutes les préparations à risque», ajoutent les pharmaciennes.

«NOUS ÉLABORONS PARFOIS DES PROTOCOLES DE RECONSTITUTION ET D’ADMINISTRATION DES MÉDICAMENTS AFIN D’AIDER LE PERSONNEL SOIGNANT À FACILEMENT S’Y RETROUVER.»

DES «RECETTES» TRÈS CONTRÔLÉES

Car si Margaux Jumeau et Sarah Wellnitz interviennent dans le choix des médicaments, leur expertise est également essentielle quant à leur utilisation. Là encore, elles ont un rôle de conseil vis-à-vis de leurs collègues infirmières et infirmiers, notamment sur la façon parfois complexe de préparer les traitements avant de les administrer au patient. «Nous élaborons parfois des protocoles de reconstitution et d’administration des médicaments afin d’aider le personnel soignant à facilement s’y retrouver.» Et de souligner, une fois encore, l’importance du travail pluridisciplinaire, notamment à travers une rencontre hebdomadaire avec l’infirmière et l’infirmier clinicien, qui remontent les informations de la pratique. «C’est comme une recette de cuisine: il faut que chacun la comprenne et puisse la réaliser sans possibilité d’erreur. Il en va de la sécurité des patients.»   

C’est particulièrement le cas dans le domaine de l’oncologie, où les traitements sont basés sur des protocoles établis par la littérature médicale et éprouvés par des études cliniques. Tandis que les oncologues sélectionnent un protocole spécifique pour chaque patient, les pharmaciennes vérifient la plausibilité de la prescription, notamment dans le calcul de la dose. «Nous sommes garantes de la qualité et de la sécurité d’emploi de ces préparations de chimiothérapie répondant à des normes très strictes», ajoutent-elles. Les chimiothérapies injectables sont ainsi préparées sous flux stérile et dans des conditions de sécurité pour les personnes qui les manipulent de manière répétée. À la Clinique Bois-Cerf, une préparatrice en pharmacie est spécialement chargée de préparer ces traitements; ils sont ensuite envoyés dans les étages, où les infirmières et les infirmiers les administrent.

POUR UN APPROVISIONNEMENT SÛR ET EFFICACE 

Margaux Jumeau et Sarah Wellnitz ont enfin un rôle clé dans la logistique pharmaceutique. Achats et gestion des stocks de médicaments, elles assurent en permanence un approvisionnement sûr et efficace, selon leurs utilisations dans les cliniques. En ce sens, elles collaborent directement avec les médecins – ce sont en effet eux les prescripteurs –, en fonction de leurs spécialités et de leurs habitudes. «Comme dans tous les établissements de santé, il existe une commission des médicaments commune aux deux cliniques», racontent les pharmaciennes. «C’est dans ce cadre que se font les demandes de nouveaux médicaments, basées sur la littérature scientifique et les arguments des médecins.» Elles analysent ensuite ces demandes, en fonction de critères de sécurité d’utilisation et d’approvisionnement, avant de passer commande. 

C’est aussi à elles d’assurer que les médicaments nécessaires sont disponibles en permanence. «Un des problèmes majeurs dans le monde, pour tous les pharmaciens hospitaliers, est la rupture de stock», relèvent les jeunes femmes. «Quasiment du jour au lendemain, certains laboratoires ne fournissent plus tel ou tel médicament.» À elles donc de trouver rapidement une alternative, toujours avec l’accord des médecins. «Il est fréquent de se dépanner entre établissements hospitaliers, publics comme privés. La pharmacie hospitalière est un petit monde, et on se connaît tous», concluent-elles.

 

ÉLODIE MAÎTRE-ARNAUD

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