No 25 – Automne 2019

BIEN SE NOURRIR POUR MIEUX GUÉRIR

LA DIÉTÉTIQUE À LA CLINIQUE

bien_entree

RÉGIME CÉTOGÈNE

LA GRAISSE EN LIGNE DE MIRE

interview_sommaire

LA PAROLE AUX EXPERTS

LE SPORT, BON DE LA TÊTE AUX PIEDS

sport_sommaire

SPORT DE COMPÉTITION

LES NOUVEAUX RÉGIMES ALIMENTAIRES

sportif_sommaire

ROBOT DA VINCI

COMMENT ÇA MARCHE?

robot_sommaire

GIL ROMAN

«LA DANSE EST AUSSI LE PLAISIR DE LA CONSCIENCE DU CORPS»

bbl_sommaire

NEWS

ACTUALITÉS  SANTÉ + DIGITAL

news_sommaire_2

TÉMOIGNAGES

SPORT DE COMPÉTITION

 

LES NOUVEAUX RÉGIMES ALIMENTAIRES

VÉGANS OU OMNIVORES, LES SPORTIFS DE HAUT NIVEAU DÉMONTRENT AUJOURD’HUI QU’IL EST POSSIBLE DE RÉALISER DE SÉRIEUSES PERFORMANCES TOUT EN ROMPANT AVEC LES MODÈLES ALIMENTAIRES CLASSIQUES. EXEMPLE AVEC DEUX TÉMOIGNAGES BIEN DIFFÉRENTS.

ALIMENTATION HAUTE PERFORMANCE

 

Cela fait un peu plus de treize ans que Benjamin Antonietti s’entraîne comme hockeyeur professionnel. Le hockey sur glace est un sport très physique, qui exige de la part des joueurs puissance, intensité et rapidité. Si l’entraînement est évidemment la clé pour se hisser au top de la discipline, l’alimentation joue également un rôle majeur sur le plan de la performance, en contribuant à maximiser le niveau d’énergie tout au long des entraînements et des matchs, et à améliorer le processus de récupération et le gain de masse musculaire. C’est en misant principalement sur les protéines et les glucides que ce jeune homme de 28 ans aborde sa onzième saison comme attaquant au LHC.

 

CONSERVER LA MASSE MUSCULAIRE

«Le cliché pâtes / poulet sans sauce n’est pas totalement faux! On se dépense beaucoup sur la glace et on doit maintenir notre poids tout au long de la saison.» En disant «poids», Benjamin Antonietti pense surtout au muscle. Hors de question en effet de puiser dans cette précieuse réserve pour soutenir les efforts fournis au cours des matchs. «On doit manger en quantité suffisante et de façon très régulière.» La journée commence ainsi avec un petit-déjeuner conséquent, où les protéines et les glucides tiennent une place importante. Et même s’il rentre épuisé de son entraînement matinal, le joueur prend toujours le temps de faire un vrai repas. «Nous avons en permanence à disposition dans les vestiaires des poudres et des barres protéinées et vitaminées ; c’est parfait pour les petits creux lors des pauses.» Avant les matchs, les repas sont spécialement préparés pour l’ensemble de l’équipe du LHC, y compris en cas de déplacement. Ils comprennent systématiquement des glucides (pâtes ou riz) et une viande maigre. 

 

NI FRUSTRATION NI CARENCES

Les hockeyeurs ne sont en effet pas livrés à eux-mêmes dans le choix de leur alimentation. «Les choses ont beaucoup évolué depuis quelques années; la nutrition est un sujet que nous abordons régulièrement avec notre préparateur physique. Nous en discutons aussi beaucoup entre nous.» Même s’il est conscient de faire très attention à la façon dont il se nourrit, Benjamin Antonietti estime que ce n’est pas une contrainte et ne ressent aucune frustration. «Quand vous êtes sportif de haut niveau, ça fait partie de votre métier. Et puis notre poids n’est pas surveillé étroitement comme chez les cyclistes, par exemple. Ça laisse encore pas mal de place au plaisir!» Exit donc la rengaine pâtes / poulet sans sauce à l’intersaison? «Le plus important est de ne pas se laisser aller les veilles et jours de match.» Ce type d’alimentation autorise aussi les fruits et les légumes, ce qui permet en principe d’éviter tout type de carence. «Nous faisons régulièrement des prises de sang pour voir si tout va bien et il semble que de façon générale les hockeyeurs sont des sportifs en bonne santé!»

L’IRONMAN EN VERSION VÉGANE

 

Pierre-Emmanuel Duss a déjà bouclé de nombreux Ironman, dont celui de Zurich en juillet dernier. Lors de ces triathlons de l’extrême, les compétiteurs parcourent près de 4km à la nage, enchaînent avec 180km à vélo, avant de terminer par un marathon, soit plus de 42km de course à pied. Particularité de ce sportif passionné: il est végan. Il ne mange donc ni viande, ni poisson, ni volaille, ni aucun produit issu de l’exploitation animale. Pas d’œuf ni de fromage par exemple. En considérant les efforts que cet athlète fournit, on pense immédiatement aux difficultés qu’une telle alimentation doit engendrer. Comment apporter suffisamment de nutriments, de protéines et de vitamines à son organisme lorsque l’on mange presque exclusivement des plats à base de céréales, de légumineuses, de fruits, de noix et autres graines?

 

PRÉVENIR LES CARENCES

«En réalité, le régime végan est bien plus simple qu’on ne l’imagine», explique Pierre-Emmanuel Duss. «La préoccupation principale concerne surtout la vitamine B12. Une carence qui n’est d’ailleurs pas rare chez les omnivores également. Je la complémente une fois par semaine, de la même manière que l’agriculteur l’injecte aux ovins et bovins consommés par les omnivores. Et pour les protéines, l’important consiste naturellement à varier les sources végétales, qui en contiennent aussi dans des proportions importantes. Cela permet de fournir les différents acides aminés, les molécules qui entrent dans leur composition et dont l’organisme a besoin.» Si le triathlète amateur est devenu végan, c’est suite à des problèmes cardiaques dont son épouse souffrait. Le couple a alors découvert le lien entre les aliments issus des animaux et certains cancers ainsi que les maladies cardiovasculaires et le vieillissement. Rapidement, ils décident de s’orienter vers un mode d’alimentation végétarien puis végan.

 

REGAIN D’ÉNERGIE ET RÉCUPÉRATION PLUS RAPIDE

«En tant que consultant en réassurance dans le domaine de la santé, je suis bien au fait de ces problèmes», ajoute le sportif. «Et les meilleures solutions sont souvent les plus simples. Il s’agit par exemple d’adopter une alimentation plus appropriée, de pratiquer une activité physique régulière et de diminuer le stress. J’ai donc décidé de mettre toutes les chances de mon côté en augmentant mes activités sportives et en changeant mon alimentation.» Aujourd’hui, alors qu’il est végan depuis deux ans, Pierre-Emmanuel Duss se félicite d’avoir trouvé une cohérence entre santé, écologie et éthique, tout en améliorant ses performances sportives. Il a en effet obtenu son meilleur temps personnel sur l’Ironman de Zurich après deux ans de véganisme. Comme d’autres athlètes végans, il constate en outre un regain d’énergie ainsi qu’une capacité à récupérer plus rapidement entre ses entraînements et les compétitions.

 

PROPOS RECUEILLIS PAR ÉLODIE MAÎTRE-ARNAUD ET THOMAS PFEFFERLÉ