No 25 – Automne 2019

BIEN SE NOURRIR POUR MIEUX GUÉRIR

LA DIÉTÉTIQUE À LA CLINIQUE

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RÉGIME CÉTOGÈNE

LA GRAISSE EN LIGNE DE MIRE

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LE SPORT, BON DE LA TÊTE AUX PIEDS

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GIL ROMAN

«LA DANSE EST AUSSI LE PLAISIR DE LA CONSCIENCE DU CORPS»

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L’INTERVIEW

RÉGIME CÉTOGÈNE

 

LA GRAISSE  EN LIGNE DE MIRE

SOUVENT DÉCRITE COMME LE RÉGIME MIRACLE, LA CURE CÉTOGÈNE EST UN TRAITEMENT MÉDICAL QUI NE DOIT PAS ÊTRE ENTREPRIS À LA LÉGÈRE. LE POINT AVEC LA DIABÉTOLOGUE ET ENDOCRINOLOGUE LAUSANNOISE DANIELA SOFRÀ.

Diabétologue et endocrinologue, Daniela Sofrà a découvert la cure cétogène lors d’une formation en 2014. Après de nombreuses recherches sur le sujet, cette spécialiste lausannoise est partie se former en Espagne. Désormais formatrice pour l’Europe (Méthode PnK®), elle collabore régulièrement sur de nombreux cas avec des spécialistes des cliniques du groupe de cliniques privées Hirslanden.

 

Qu’est-ce que la cure cétogène?

C’est une cure qui permet d’accéder à toute la graisse stockée en réserve dans le corps comme source d’énergie. En éliminant les glucides de son alimentation, on simule le jeûne. Le corps va alors utiliser la graisse comme combustible. Ceci est rendu possible par le foie, qui transforme la graisse en substances métaboliquement utilisables appelées corps cétoniques. D’où le nom de diète cétogène.

 

À qui s’adresse-t-elle?

Les recherches montrent des effets positifs chez les femmes avec ovaires polykystiques, sur des patients diabétiques de type 2 ou encore sur les personnes atteintes de NAFLD (stéatopathie non alcoolique ou maladie dite du foie gras non alcoolique, ndlr). Ce régime s’adresse également à toutes les personnes en surpoids qui n’ont pas besoin de chirurgie bariatrique et qui ne présentent pas de trouble du comportement alimentaire. Il peut s’agir d’une femme ménopausée qui a accumulé des kilos sans forcément manger moins bien. Ou d’autres personnes qui ont une alimentation riche parce que la société moderne nous donne accès à énormément de nourriture calorique. L’éventail des patients est donc très large.

 

Et si on veut juste perdre quelques kilos?

Ce traitement n’est pas là pour proposer un «régime à la mode» afin de se préparer au maillot de bain. L’objectif principal reste celui d’améliorer l’état de santé ainsi que le profil métabolique, visant non pas un poids idéal mais une réduction de la graisse. Alors, si les quelques kilos en plus sont composés de mauvaise graisse, cela peut être une indication. Ce traitement est un travail qui s’accompagne d’un processus éducatif, avec un investissement de la part du patient pour aboutir à un nouveau style de vie. L’accompagnement par un médecin spécialisé est indispensable.

 

Comment se déroule une telle cure?

Elle se déroule en plusieurs phases. La première – qui peut durer entre trois et six semaines – est très restrictive, simulant le jeûne, avec la prescription d’aliments calibrés (Protein-DHA®). L’avantage avec ces aliments est double : le patient reçoit des quantités précises et adéquates selon ses besoins en protéines, graisses et micronutriments; le DHA agira sur le phénomène de lipoinflammation. Cela permet de perdre de la graisse, d’améliorer le profil inflammatoire chronique de bas grade, le tout sans générer de carences. En parallèle, le médecin prescrira une activité physique adaptée.

 

Et une fois cette phase de cure passée?

Je dis souvent aux patients que la cétose, c’est un traitement du métabolisme. Il ne viendrait pas à l’idée de quelqu’un qui a reçu un traitement pour une cheville cassée de partir courir dès qu’on lui retire l’attelle. Il faut rééduquer. Durant la phase de rééducation alimentaire, le patient remangera de tout, de manière équilibrée, mais progressivement et en étant à l’écoute de ses besoins.

 

À quelle fréquence voyez-vous ces patients?

Au début, je les vois toutes les deux semaines. Puis j’espace progressivement les entrevues, mais le suivi reste tout de même étroit. Le fait d’avoir un rendez-vous, comme des jalons sur son chemin, permet de se rappeler que l’obésité est une maladie chronique. C’est comme pour l’hypertension ou le diabète: ce n’est pas parce que la tension ou la glycémie sont équilibrées que la maladie a disparu. Dans le cas de l’obésité, il faut rester vigilant et être accompagné par des professionnels.

 

Cette cure présente-t-elle des dangers?

Si elle n’est pas bien encadrée, oui. Il y a le danger d’être iatrogène, d’induire des comportements restrictifs, de tomber dans les excès de protéines ou de graisses. Pour cela, la cure cétogène est un traitement médical. Quand le patient est bien accompagné et que le traitement est bien suivi, les bénéfices sont incontestables.

 

PROPOS RECUEILLIS PAR MÉLANIE BLANC