No 27 – Automne 2020

COVID-19

COMMENT LES CLINIQUES ONT-ELLES FAIT FACE ?

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CELLULE SANITAIRE VAUDOISE DE CRISE

« LES ÉTABLISSEMENTS HOSPITALIERS SONT PRÊTS À REMONTER EN PUISSANCE EN CAS DE BESOIN »

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CELLULE SANITAIRE VAUDOISE DE CRISE

TÉMOIGNAGES DE DEUX INFIRMIERS AU CŒUR DE LA CRISE

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MALADIES OSSEUSES

« LE BUT DE LA PRISE EN CHARGE EST DE RÉDUIRE LE RISQUE DE FRACTURE »

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LA CLINIQUE CECIL OPTIMISE SES ACTIVITÉS DE CARDIOLOGIE INTERVENTIONNELLE

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RÉALITÉ VIRTUELLE

LA DOULEUR ET L’ANXIÉTÉ EN LIGNE DE MIRE

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NOUVELLE COMPÉTENCE

LA CHIRURGIE PÉDIATRIQUE À LA CLINIQUE BOIS-CERF

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LE SERVICE MÉNAGE DE LA CLINIQUE BOIS-CERF

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NEWS

LES ACTUALITÉS DES CLINIQUES BOIS-CERF ET CECIL

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TECHNOLOGIE

RÉALITÉ VIRTUELLE 

 

LA DOULEUR ET L’ANXIÉTÉ EN LIGNE DE MIRE

SIX CASQUES DE RÉALITÉ VIRTUELLE THÉRAPEUTIQUE SONT PROPOSÉS DEPUIS LE DÉBUT DE L’ANNÉE AUX PATIENTS DE LA CLINIQUE CECIL AFIN DE RÉDUIRE DOULEUR ET ANXIÉTÉ. UNE NOUVELLE TECHNOLOGIE DONT LES RÉSULTATS ONT IMMÉDIATEMENT CONVAINCU LE PERSONNEL SOIGNANT ET LES PATIENTS.

Le bien-être des patients est capital au sein de la Clinique Cecil. Toujours en quête de solutions innovantes pour améliorer la prise en charge de la douleur et de l’anxiété, l’équipe de l’établissement propose, depuis le début de l’année, des casques de réalité virtuelle thérapeutique. Il s’agit d’un système immersif développé en collaboration avec des médecins qui vise à relaxer le patient en détournant l’attention de la douleur et de l’anxiété ; la technique se base sur des principes psychologiques avancés comme l’hypnose médicale, des exercices de respiration en cohérence cardiaque et des musiques relaxantes.

Loin d’être un gadget, cette solution a fait ses preuves avant d’avoir été adoptée par le personnel soignant. « Pour nous, il était primordial que ce système soit validé par des études scientifiques », relève Séléman Nabiyar, infirmier clinicien qui s’assure de la qualité des soins et de la sécurité des patients au sein de la Clinique Cecil. Vingt ans de recherches et des centaines de publications scientifiques internationales ont démontré l’efficacité anxiolytique et analgésique de la réalité virtuelle thérapeutique.

 

S’ÉVADER UN MOMENT DE LA DOULEUR

Pour l’infirmier clinicien, le retour d’expérience des patients est une deuxième garantie essentielle de l’efficacité de cette nouvelle technologie. Et, jusqu’à présent, ceux qui l’ont testée sont unanimes. Séléman Nabiyar se souvient particulièrement d’une patiente en dialyse depuis plus d’une dizaine d’années, qui souffrait d’importantes douleurs chroniques. « Elle avait tout essayé, mais rien ne fonctionnait. Sceptique, elle a toutefois accepter de tester ce casque de réalité virtuelle thérapeutique. Après vingt minutes de séance, elle était en larmes et nous a confié qu’elle ne s’était pas sentie aussi bien depuis longtemps. Pour elle, c’était comme être partie en vacances. »

L’avantage de ce système est qu’il est très simple d’utilisation, tant pour les patients que pour le personnel soignant. Désormais, dès lors qu’un patient exprime des douleurs ou montre des signes d’anxiété, les soignants peuvent proposer cette solution. Une fois les casques placés (un casque de réalité virtuelle sur les yeux et un casque audio sur les oreilles) et la durée de la séance sélectionnée (entre vingt minutes et une heure trente), le patient choisit l’environnement dans lequel il souhaite s’immerger (jardin zen, montagne enneigée, forêt, plage ou plongée sous-marine). Il sélectionne ensuite la voix (homme ou femme) ainsi que la langue de son guide (pour l’instant, français, allemand, anglais ou néerlandais). Le patient peut alors se promener dans le décor qui apparaît en 3D et à 360°, en bougeant simplement la tête. La voix et une boule située au centre de l’écran accompagnent le patient afin qu’il respire à un rythme défini pour une détente maximale. « Au début, les patients sont un peu surpris et bougent beaucoup pour découvrir les moindres recoins du décor. Puis ils se calment petit à petit. »

 

BIENTÔT EN SALLE D’OPÉRATION ?

L’effet est immédiat. « La tension et le rythme cardiaque diminuent en quelques instants. » Un effet qui, même s’il est de courte durée, est tout sauf négligeable. « Comme le patient a moins mal, on peut diminuer les antidouleurs chimiques. Le patient étant moins anxieux, cela lui permet aussi de mieux assimiler ce que lui dit le personnel soignant. »

Pour l’instant, six casques sont à disposition dans différents services : en dialyse, mais aussi en maternité, en préopératoire ainsi qu’en chirurgie et aux soins intensifs. L’avantage de ce système est qu’il ne gêne pas le personnel soignant, qui peut pratiquer des soins même invasifs – une pause de cathéter par exemple – pendant que le patient voyage dans une autre dimension.

Cette nouvelle technologie sera peut-être un jour proposée en salle d’opération. D’abord afin de diminuer l’anxiété du patient en cas d’anesthésie locorégionale. « Avec ce type d’anesthésie, le patient ne sent pas la douleur, mais le bruit ambiant du bloc peut être stressant. » Selon Séléman Nabiyar, l’utilisation du masque pourrait également permettre de réduire les doses d’antidouleurs, voire de diminuer le nombre d’anesthésies générales au profit d’anesthésies locorégionales. Un médecin anesthésiste de la Clinique Cecil s’apprête à réaliser des tests en pré et postopératoire. (lire l’encadré).

 

MÉLANIE BLANC

DES TESTS EN PRÉ ET POSTOPÉRATOIRE

 

Le Dr Stéphane Piguet va commencer des tests à la Clinique Cecil afin d’analyser l’efficacité de cette technique en pré et postopératoire. Pour le médecin-anesthésiste déjà intéressé par l’hypnose, ce casque de réalité virtuelle thérapeutique est un outil de plus au service du confort du patient. « L’environnement global de la salle d’opération est un milieu anxiogène », relève notamment le spécialiste. Proposer un tel voyage thérapeutique pourrait sans doute permettre au patient de se détendre et d’être moins angoissé. Le Dr Piguet se réjouit de savoir si cette nouvelle technologie sera mieux reçue par les jeunes patients, déjà habitués à ce genre d’appareils. Il sera en revanche particulièrement vigilant afin de ne pas proposer cette solution à des patients qui auraient des problèmes psychologiques ; selon lui, il s’agit de ne surtout pas désorienter davantage un malade avec une technique qui, même si elle peut paraître sans danger, est loin d’être anodine.