No 25 – Automne 2019

BIEN SE NOURRIR POUR MIEUX GUÉRIR

LA DIÉTÉTIQUE À LA CLINIQUE

bien_entree

RÉGIME CÉTOGÈNE

LA GRAISSE EN LIGNE DE MIRE

interview_sommaire

LA PAROLE AUX EXPERTS

LE SPORT, BON DE LA TÊTE AUX PIEDS

sport_sommaire

SPORT DE COMPÉTITION

LES NOUVEAUX RÉGIMES ALIMENTAIRES

sportif_sommaire

ROBOT DA VINCI

COMMENT ÇA MARCHE?

robot_sommaire

GIL ROMAN

«LA DANSE EST AUSSI LE PLAISIR DE LA CONSCIENCE DU CORPS»

bbl_sommaire

NEWS

ACTUALITÉS  SANTÉ + DIGITAL

news_sommaire_2

FOCUS

BIEN SE NOURRIR POUR MIEUX GUÉRIR

 

LA DIÉTÉTIQUE  À LA CLINIQUE

L’ALIMENTATION EST UN PILIER DE LA SANTÉ. ELLE JOUE UN RÔLE D’AUTANT PLUS IMPORTANT QUAND LE CORPS VA MAL. EN CAS D’HOSPITALISATION, LA PRÉSENCE DE PROFESSIONNELS DE LA DIÉTÉTIQUE AUX CÔTÉS DES PATIENTS PREND ALORS TOUT SON SENS.

Il est 9 heures à la Clinique Cecil. La diététicienne est appelée par le médecin de garde du service des urgences pour un patient qui présente une baisse de l’état général avec une perte de poids et des difficultés à s’alimenter. Plus tard dans la matinée, c’est sa collègue spécialiste en nutrition à la Clinique Bois-Cerf qui doit réfléchir à l’adaptation du menu pour une malade en séjour postopératoire souffrant de différentes allergies alimentaires. En collaboration avec l’équipe médicale et soignante, les diététiciennes interviennent ainsi auprès des patients dès leur admission à la clinique et jusqu’à leur sortie, pour évaluer leur état nutritionnel et mettre en place, si nécessaire, un régime alimentaire individualisé en fonction de leur pathologie et de leur état de santé. Un rôle tout autant thérapeutique que préventif, puisqu’il s’agit bien souvent d’éviter l’apparition de complications qui viendraient freiner la guérison ou la récupération physique après une intervention.

 

PARTOUT OÙ IL Y A UN BESOIN

«Nous sommes un peu des électrons libres!» Élodie Alvares, diététicienne à la Clinique Cecil, et Mélanie Rochat-Prod’hom, diététicienne à la Clinique Bois-Cerf, résument ainsi la place spécifique de la plupart des diététiciens en milieu hospitalier. Amenées à intervenir dans des situations variées, tous services confondus, elles travaillent en collaboration avec les médecins, les infirmières et les autres soignants, notamment les physiothérapeutes qui peuvent par exemple les alerter sur des troubles de la déglutition.

Mélanie Rochat-Prod’hom s’occupe plus spécifiquement du suivi des patients du service d’oncologie de la Clinique Bois-Cerf: «Je travaille principalement aux côtés des malades en traitement de chimiothérapie ou radiothérapie. Je donne par ailleurs des cours en ambulatoire, pour des personnes en réadaptation cardio-vasculaire.» Car le diététicien hospitalier intervient partout où il y a un besoin. «Je donne des conseils diététiques sur demande des patients ou des médecins», détaille Élodie Alvares. «Cela m’amène donc à intervenir régulièrement dans des domaines aussi variés que la chirurgie digestive ou la médecine générale, afin d’adapter des régimes alimentaires selon les pathologies ou sur des cas de dénutrition ou d’allergies. Je collabore aussi avec le Centre de dialyse de la Clinique Cecil pour le suivi des patients.»

 

ALIMENTATION À LA CARTE

Au quotidien, le diététicien hospitalier adapte les menus des patients en fonction de leurs besoins nutritionnels et en tenant compte de l’évolution de leur état de santé. Il intervient par exemple sur le choix de la forme d’alimentation – texture liquide, mixée, hachée ou solide – ou pour mettre en place une alimentation par sonde ou par voie veineuse, sur prescription du médecin. «Il existe de nombreux cas où une alimentation mixée est nécessaire, notamment chez les patients qui ont des problèmes dentaires, ceux qui ont subi une intervention de chirurgie faciale ou digestive, ou encore chez les malades d’un cancer de la sphère ORL ou souffrant d’une mucite (inflammation d’une muqueuse qui recouvre l’intérieur des cavités et viscères, ndlr.)», explique Élodie Alvares.

Élodie Alvares et Mélanie Rochat-Prod’hom sont diététiciennes au sein de nos cliniques. Elles collaborent étroitement avec les soignants afin d’adapter les régimes alimentaires de nos patients.

Le travail en collaboration avec l’équipe hôtelière et l’équipe de cuisine est une autre facette du métier. «Chaque jour, on «fait la chaîne», c’est-à-dire que l’on vérifie les plateaux-repas avant qu’ils partent dans les étages, afin de s’assurer de l’équilibre des menus, de leur diversité et des adaptations selon les régimes», ajoute Mélanie Rochat-Prod’hom. «Et quand on doit mettre en place des textures articulières, on les teste pour s’assurer qu’elles seront bien acceptées par les patients.» L’occasion de réfléchir aussi aux ajustements envisageables pour essayer de redonner du plaisir à ceux qui l’auraient perdu.

 

LA DIMENSION PLAISIR

Car il n’est pas rare que le séjour à l’hôpital s’accompagne de difficultés à se nourrir. Pour des raisons physiologiques, bien sûr, mais aussi parfois psychologiques. «L’alimentation est un acte simple, mais il est aussi lié aux habitudes de vie», expliquent les diététiciennes. «Le fait même d’être dans un cadre étranger, avec un rythme imposé et des repas différents, même s’ils sont beaux dans l’assiette et bons pour le palais, peut être un facteur perturbant qui joue sur le moral du patient et l’empêche de se nourrir convenablement.» Au-delà de la fonction strictement nutritionnelle, l’alimentation est en effet un plaisir réconfortant, permettant de renouer avec des sensations familières qui font du bien dans un contexte de guérison.

Tous les ajustements qui pourront contribuer à retrouver ce plaisir sont donc à considérer: «Il s’agit de petites choses parfois: décaler l’heure des prises de repas pour essayer de se rapprocher au mieux des habitudes du patient, commander en cuisine des plats simples, comme à la maison, qui sont finalement parfois plus rassurants que des propositions davantage élaborées, etc. Notre rôle consiste aussi à être attentives aux envies des patients et créatives dans la manière d’y répondre!» Des petits efforts qui se révèlent payants quand la reprise de poids et le plaisir sont au rendez-vous. «On peut soigner par la nutrition, elle fait entièrement partie du traitement!» concluent les spécialistes.


ADELINE VANOVERBEKE

NUTRITION OU DIÉTÉTIQUE?

 

On emploie souvent un terme pour l’autre, sans trop savoir ce qui les distingue. La nutrition est une science multidisciplinaire qui étudie l’alimentation et ses implications sur la santé. La diététique, elle, sa’occupe d’adapter le régime alimentaire aux besoins particuliers des individus.

Le/la diététicien-ne est le seul professionnel de santé reconnu pour les questions touchant à l’alimentation et à la qualité des aliments. En Suisse, le titre de nutritionniste n’est en effet pas protégé. Le/la diététicien-ne a suivi une formation de niveau bachelor dans une haute école spécialisée (à Genève pour la Suisse romande).

Autre interlocuteur possible, le médecin nutritionniste. Celui-ci a une spécialisation en médecine générale ou en endocrinologie par exemple, complétée par une formation de niveau universitaire en nutrition.

CROYANCES ET AUTRES IDÉES REÇUES

 

En matière de nutrition, les modes, croyances et autres idées reçues sont légion. «Pour les patients malades du cancer, par exemple, il est difficile de passer à côté de certains clichés ou injonctions en matière d’alimentation, du style «le sucre nourrit la tumeur» ou «le jeûne permet de mieux supporter la chimiothérapie». Mais ce qui fonctionnera bien avec certaines personnes sera contre-productif avec d’autres. Notre rôle est donc d’accompagner au mieux le patient dans ses souhaits et envies, tout en restant attentives à la façon dont l’organisme réagit, pour pouvoir ajuster les choses si les résultats attendus ne sont pas au rendez-vous.» Car l’objectif essentiel en cas de maladie est de préserver au mieux les capacités physiques et morales, ainsi que la qualité de vie.