fr CONSEILS POUR SE PRÉPARER AUX PLAISIRS DE LA GLISSE

No 28 – Hiver 2021

CLINIQUE BOIS-CERF

UNE NOUVELLE FILIÈRE DÉDIÉE AUX URGENCES ORTHOPÉDIQUES

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URGENCES ORTHOPÉDIQUES

TROIS QUESTIONS AU DOCTEUR FRANCK DEVOS

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VISITE GUIDÉE

COMMENT SE DÉROULE VOTRE PRISE EN CHARGE ?

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PRÉVENTION

SENIORS : SE PROTÉGER CONTRE LES CHUTES

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COMMENT ÇA MARCHE ?

QUAND ÇA FAIT CRAC…

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MÉDECINE DU SPORT

CONSEILS POUR SE PRÉPARER AUX PLAISIRS DE LA GLISSE

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PROF. DR. MED. THOMAS SAUTER, MME

« L’INTRODUCTION DE LA TÉLÉMÉDECINE DOIT S’ACCOMPAGNER DE RECHERCHES UNIVERSITAIRES »

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MÉTIER

UNE JOURNÉE AVEC PIERRE BOULOT

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MÉDECINE DU SPORT

CONSEILS POUR SE PRÉPARER AUX PLAISIRS DE LA GLISSE

UNE BONNE PRÉPARATION AVANT DE CHAUSSER LES SKIS CONTRIBUE LARGEMENT À DIMINUER LE RISQUE DE BLESSURE. VOICI LES CONSEILS DES DOCTEURS STÉPHANE BORLOZ ET VINCENT CHOLLET, SPÉCIALISTES EN MÉDECINE PHYSIQUE ET RÉADAPTATION.

La neige est là. Et, avec elle, la promesse de pentes à dévaler. Skier n’est toutefois pas une activité facile, et ceux qui partent correctement préparés à l’assaut des pistes sont, dans la pratique, trop peu nombreux. Une bonne condition physique permet pourtant d’éviter certains accidents et de limiter les dégâts en cas de chute ou de collision.

« Dans l’idéal, on devrait adapter ses activités sportives trois mois avant la saison de ski », affirment les Drs Borloz et Chollet. « Ce n’est évidemment par une valeur absolue, et mieux vaut tard que jamais ! » Le ski est en effet un sport qui exige à la fois de l’endurance, de l’équilibre et de la force musculaire. On doit ainsi travailler plus spécifiquement certains muscles afin de permettre au corps d’encaisser les contraintes liées à la glisse. « C’est aussi un sport assez traumatogène, avec de grandes inerties. L’idée est vraiment de prévenir les blessures. »

 

ENDURANCE ET FORCE

La préparation pour le ski comporte donc deux aspects : la condition physique générale (endurance) et le renforcement musculaire (force, gainage, équilibre et stabilisation). « Pour l’endurance, le mieux est évidemment de garder la forme tout au long de l’année en pratiquant régulièrement la marche rapide, la course à pied, le vélo, la natation, ou en s’entraînant en salle sur un vélo elliptique ou un rameur. » Pour le renforcement musculaire, les Drs Borloz et Chollet privilégient la simplicité et, là encore, la régularité : monter les étages à pied et faire chaque jour quelques séries de squats ou de fentes. Sans oublier de travailler l’équilibre sur une surface instable : « Un simple linge plié fait l’affaire et on peut s’exercer trois fois par jour en se brossant les dents ! »

Une bonne condition physique dispense-t-elle d’un échauffement avant d’attaquer la première descente de la journée ? « On recommande beaucoup l’échauffement, mais, dans les faits, il est très peu pratiqué. Et puis on commence toujours en marchant et en montant des escaliers avec les skis sur le dos : c’est déjà une mise en route musculaire ! Rien n’empêche évidemment d’aller plus loin et de chauffer le haut et le bas du corps en mobilisant toutes les articulations. » Les spécialistes conseillent surtout de commencer systématiquement la journée de ski par des pistes plutôt faciles, afin de se mettre en jambe et d’évaluer la neige, histoire de ne pas se faire surprendre d’emblée par une plaque de glace… « Il faut de la puissance et de l’explosivité pour rattraper un ski qui part de travers, même à vitesse modérée ! »

« LE SKI EST UN SPORT TRAUMATOGÈNE. L’IDÉE EST DE PRÉVENIR LES BLESSURES. »

DRS STÉPHANE BORLOZ ET VINCENT CHOLLET

NE PAS SURÉVALUER SES CAPACITÉS TECHNIQUES

Si le risque d’accident est clairement accru par l’absence de préparation physique, les Drs Borloz et Chollet soulignent que le principal écueil pour un skieur est de surévaluer ses capacités techniques : « Avec les casques et les protections dorsales, certains se sentent invulnérables. » Notons aussi que les skis carvés facilitent la vitesse de glisse, et augmentent donc la distance de freinage et l’inertie dans les virages, ce qui contraint davantage les muscles des jambes et leurs attaches. « Si vous n’avez pas la force suffisante, c’est l’accident ! Idem pour ceux qui se lancent en freeride ou sur un snowpark sans l’habileté technique spécifique à ces pratiques. »

Aux conseils physiques les spécialistes souhaitent ajouter quelques recommandations de bon sens : ne pas sous-estimer la fatigue après une longue journée de ski, de nombreux accidents ayant lieu en effet en fin d’après-midi ; pour ceux qui ne skient qu’une semaine par an, s’accorder un jour de repos plutôt que d’enchaîner les pistes non-stop pendant toute la durée du séjour ; et puis faire vérifier son matériel tous les ans, en particulier les fixations. 

 

ÉLODIE MAÎTRE-ARNAUD

RÉCUPÉRER APRÈS UNE BLESSURE

 

Malgré toutes ces précautions, un faux mouvement, une chute ou une collision ne sont jamais totalement évitables. Les articulations les plus touchées en cas d’accident ? « Les genoux et les épaules », répondent les Drs Stéphane Borloz et Vincent Chollet. Les pathologies liées au ski sont pour l’essentiel des «entorses» au sens large – la plus célèbre étant la lésion du ligament croisé antérieur du genou, nécessitant parfois une intervention chirurgicale.

Ces deux spécialistes en médecine physique et réadaptation prennent en charge les skieurs accidentés afin qu’ils retrouvent une bonne mobilité articulaire et qu’ils conservent au maximum leur force musculaire pendant la phase de convalescence. Ils s’assurent aussi de la prise en charge des éventuelles douleurs post-traumatiques. En collaboration avec des physiothérapeutes, ils mettent ainsi en place un protocole de rééducation. Le temps de récupération dépend bien entendu de la gravité de la blessure, mais aussi du niveau du skieur. « Avant d’envisager de reprendre le ski, il faut que la douleur soit contrôlée ; le patient doit également avoir retrouvé la force musculaire, une bonne amplitude articulaire et surtout la confiance en soi », précisent les deux spécialistes.