No 27 – Automne 2020

COVID-19

COMMENT LES CLINIQUES ONT-ELLES FAIT FACE ?

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CELLULE SANITAIRE VAUDOISE DE CRISE

« LES ÉTABLISSEMENTS HOSPITALIERS SONT PRÊTS À REMONTER EN PUISSANCE EN CAS DE BESOIN »

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CELLULE SANITAIRE VAUDOISE DE CRISE

TÉMOIGNAGES DE DEUX INFIRMIERS AU CŒUR DE LA CRISE

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MALADIES OSSEUSES

« LE BUT DE LA PRISE EN CHARGE EST DE RÉDUIRE LE RISQUE DE FRACTURE »

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LA CLINIQUE CECIL OPTIMISE SES ACTIVITÉS DE CARDIOLOGIE INTERVENTIONNELLE

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RÉALITÉ VIRTUELLE

LA DOULEUR ET L’ANXIÉTÉ EN LIGNE DE MIRE

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NOUVELLE COMPÉTENCE

LA CHIRURGIE PÉDIATRIQUE À LA CLINIQUE BOIS-CERF

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LE SERVICE MÉNAGE DE LA CLINIQUE BOIS-CERF

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NEWS

LES ACTUALITÉS DES CLINIQUES BOIS-CERF ET CECIL

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FOCUS

COVID-19

 

COMMENT LES CLINIQUES ONT-ELLES FAIT FACE ?

(article rédigé en juillet 2020)

 

FACE À L’AFFLUX DE PATIENTS ATTEINTS DU COVID-19, LES CLINIQUES HIRSLANDEN LAUSANNE ONT ÉTÉ SOLLICITÉES PAR LA CELLULE DE CRISE DU CANTON DE VAUD POUR SOULAGER LES HÔPITAUX PUBLICS. UNE COLLABORATION INÉDITE SUR LAQUELLE REVIENT LA DIRECTION DES CLINIQUES BOIS-CERF ET CECIL.

Été 2020. Les cliniques Bois-Cerf et Cecil reprennent progressivement leurs activités habituelles. À la Clinique Bois-Cerf, on accueille de nouveau des patients en orthopédie et en traumatologie. Au cœur de la crise sanitaire, l’établissement avait cessé toute activité opératoire et mis un étage complet à disposition des malades du Covid-19. Réquisitionnés pendant plusieurs semaines afin de soulager les urgences du CHUV et accueillir les cas aigus, les lits du service de soins intensifs de la Clinique Cecil sont quant à eux de nouveau disponibles pour les patients opérés à la clinique. Le calme avant le retour de la tempête ? Nul n’est en mesure de le prédire à l’heure où nous écrivons ces lignes. La cellule de crise des cliniques Hirslanden Lausanne a été suspendue ; elle peut toutefois être réactivée sans délai et à tout moment. « Nous restons vigilants et prudents, car tout peut changer d’une semaine à l’autre », souligne Jean-Claude Chatelain, le directeur de la Clinique Cecil. Nous le rencontrons en compagnie du Dr Pierre-Alain Triverio, médecin responsable des services cliniques de l’établissement. Avec Cédric Bossart, le directeur de la Clinique Bois-Cerf, ils ont formé le noyau dur de la cellule de crise Hirslanden Lausanne.

 

QUARANTE-CINQ LITS POUR LES PATIENTS COVID

Février 2020. La pandémie de Covid-19 n’est plus uniquement une menace. Un premier cas est confirmé en Suisse. Une cellule de crise Hirslanden Lausanne est mise en place. Elle se réunit chaque jour pour envisager l’accueil éventuel de patients Covid et pour gérer la situation provoquée par l’ordonnance fédérale interdisant les interventions de chirurgie élective. « Début mars, on constate que l’on ne va plus pouvoir opérer dans nos établissements », raconte Jean-Claude Chatelain. « Nous pensons toutefois que nous serons très utiles pour soulager l’activité des hôpitaux publics pour les urgences non Covid. »

Les jours passent. La situation se péjore sur le plan de l’épidémie. Mais les cliniques Bois-Cerf et Cecil n’accueillent plus aucun patient, à l’exception des services de maternité et d’oncologie. « Fin mars, la Direction générale de la santé (DGS) du canton attend une mise à disposition de lits Covid dans nos cliniques », poursuit le directeur. « Nous réservons donc 45 lits et un groupe de médecins à la Clinique Bois-Cerf. Les quelques opérations urgentes de traumatologie ou d’orthopédie se font désormais à la Clinique Cecil, qui reste une zone dite « propre. »

 

SEPT LITS DE SOINS INTENSIFS

Avril 2020. Face au risque d’afflux massif de malades dans le canton, la Clinique Cecil est sollicitée à son tour par la DGS et le CHUV pour mettre à disposition des lits de soins intensifs. Sept lits sont alors réservés, avec une possibilité de monter jusqu’au nombre de douze. « Cet exercice est difficile, car il faut maintenir un circuit propre dans la clinique », explique le Dr Triverio. Le premier patient est accueilli dans un box en pression négative. Mais dès l’arrivée du deuxième malade, il faut isoler une zone contaminée. « On a ressenti une très forte volonté de collaborer de la part des médecins, en particulier les médecins des soins intensifs », souligne le responsable des services cliniques.

Très vite également, deux containers sont mis en place devant l’entrée principale de la Clinique Cecil afin de pratiquer des tests de dépistage. Des unités toujours opérationnelles sur rendez-vous, en filière rapide suite à un CoronaCheck ou pour un dépistage standard.

SUR DEMANDE DU CANTON, LES CLINIQUES CECIL ET BOIS-CERF SONT À MÊME DE METTRE EN PLACE DES LITS COVID DANS UN DÉLAI DE SEPTANTE-DEUX HEURES MAXIMUM.

DE L’IMPORTANCE DE LA COMMUNICATION

Paradoxe au cœur de la crise sanitaire : une grande partie du personnel et des médecins accrédités sont sous-occupés. De nombreux salariés des cliniques sont mis au chômage partiel, avec tout ce que cela peut représenter en termes de frustration. Pour maintenir le lien, expliquer et rassurer, des visioconférences sont régulièrement organisées avec le personnel. Idem avec les comités de médecins de chacune des deux cliniques. Au niveau du groupe Hirslanden, une réunion virtuelle de tous les directeurs a lieu plusieurs fois par semaine afin d’harmoniser les concepts sanitaires. La communication avec la cellule ORCA-San (organisation et coordination des secours en cas d’accident majeur ou de catastrophe sanitaire) est quant à elle quotidienne, via notamment un programme informatique permettant de reporter la disponibilité des lits de soins intensifs et du matériel, le nombre de cas, les capacités de dépistage ou encore le nombre de tests effectués (lire aussi l'artile suivant: « Les établissements hospitaliers sont prêts à remonter en puissance en cas de besoin »).

 

ENGAGEMENT, SOUTIEN ET SOLIDARITÉ

Fin mai 2020. Le dernier patient Covid quitte la Clinique Bois-Cerf. La situation sanitaire a été maîtrisée. « Les soignants ont été très engagés », relève le Dr Triverio. Jean-Claude Chatelain souligne quant à lui la présence très forte de la cellule ORCA-San : « C’était important de savoir que tout le monde était là. »

Malgré la fatigue physique et psychologique, le directeur relève le très faible taux d’absentéisme du personnel à la reprise. « On sent toujours un soutien et un élan de solidarité, ce qui est extrêmement positif pour nous dans ce contexte difficile. » Si l’activité des cliniques reprend peu à peu, les directeurs des cliniques Bois-Cerf et Cecil ne constatent pour l’instant pas de phénomène de rattrapage. « Les gens demeurent frileux de venir à la clinique », confirme le Dr Triverio.

ET MAINTENANT ?

« Nous n’avons plus de lits réservés », explique le médecin. « C’est à nous de gérer en isolement les éventuels patients Covid qui se présenteraient chez nous ; le canton n’a pas décidé de centraliser la prise en charge des nouveaux cas. » Si la cellule de crise a été suspendue, l’épidémie de Covid-19 est systématiquement à l’ordre du jour de la séance hebdomadaire du comité de direction des deux établissements lausannois. « Nous suivons les recommandations des médecins infectiologues de nos cliniques et du CHUV », précise Jean-Claude Chatelain. Sur demande du canton, les cliniques Bois-Cerf et Cecil sont à même de mettre en place des lits Covid dans un délai de septante-deux heures maximum, avec des chambres d’isolement dans la période intermédiaire.

Lors de la phase aiguë de cette crise Covid-19, un lien particulier s’est tissé avec la direction du CHUV et la DGS. « Quelque chose a changé », confirme le Dr Triverio. « On a notamment entendu de la bouche du professeur Philippe Eckert (le directeur du CHUV, ndlr.) que l’on ne pouvait pas se passer des compétences des soins intensifs de la Clinique Cecil. Ça fait plaisir ! » 

 

ÉLODIE MAÎTRE-ARNAUD

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